mardi 25 septembre 2007

Working Girl


Vendredi dernier, vers 16h, une secousse agite Latina, Claire a quitté. Pour des raisons qui échappent plus ou moins au dernier arrivé, à savoir bibi, une personne a collé sa démission. Josée, capitaine du navire passe dans les rangs pour annoncer, non sans une certaine tristesse, cette désertion au sein la division cuisine. Un poste est à pourvoir, j'en profite aussi sec pour en savoir plus et proposer Stéphanie comme candidate éventuelle. « Pourquoi pas, dit à ta blonde de m'appeler lundi matin, histoire que je la vois rapidement ». Un week-end passe la dessus, enfin plus ou moins étant donné que j'étais de service, et nous voici lundi.


Après un bon petit dej', Stephanie se prépare et passe son coup de téléphone. Trois ou quatre mots échangés et l'heure tombe : 13h. Posté à la Charcuterie, j'aperçois la jeune recrue arriver pour son entretien. Elle disparaît ensuite derrière Josée dans les entrailles de Latina, le sous sol, là où tout se passe. Dans la soute, on trouve en effet, les stocks de produits, la salle des machines (compresseurs pour les frigos et climatiseurs), la salle de repos de l'équipage avec sa cafetière et surtout la salle de commandement : le bureau. Le temps passe et Josée ressort, seule. Bon je me doute bien qu'elle n'a pas fait déssoudé ma tricoteuse préférée, mais je ne l'ai pas vue partir et je n'ai aucune info sur le résultat des opérations. Josée prend des news du rush du midi, commande une salade. Pas un mot. Je risque le coup : « Et hop, une salade... et sinon? Ça c'est bien passé cet entretien ? » « Super ! Elle commence demain matin, on va essayer à différentes heures pour qu'elle voit l'ensemble du fonctionnement de la cuisine. Je suis super contente, j'espère que ça se passera bien parce que c'est pas facile comme travail ».


Donc ce matin, Deltron 3030 nous réveille à 6h30 pour le premier jour-test de Stéphanie dans la cuisine de Latina, menée d'une main de maître par notre chef berrichon, j'ai nommé Chef Yvon. Il doit bien avoir un nom de famille, mais ici ils ne servent pas vraiment à grand chose. Au Québec, quand on vous demande votre nom, il faut donner son prénom, le nom de famille semble réservé à des usages administratifs. Bon, moi je suis resté au lit. Pas très classe me direz-vous ? Oui mais c'est que je suis un peu décalé comme garçon, alors 6h30 c'est le coeur de mon sommeil profond. De plus, notre nouvelle recrue devait déjà être bien assez stressée pour ne pas avoir en plus à m'avoir dans les pattes. 7H45, une douce voix se fraie un passage entre les lyrics de la bande de Deltron toujours en concert sur la table de nuit, pour me dire que le café est lancé et qu'elle s'en va. Mon cerveau improvise un ensemble de syllabes aléatoires pour confirmer qu'une information vient d'être reçue. Le signal semble compréhensible car quelques secondes plus tard, une porte se ferme quelque part entre mon oreiller et dehors. Stéphanie s'en va, seule, face à son destin.


11H, j'arrive à Latina pour prendre mon service. Un peu moins d'un heure plus tard elle passe devant le comptoir, un sourire jusqu'au oreille. Elle est avec Josée et Yvon, direction la cale. Comme la première fois, elle ne ressortira pas. Quelques infos filtrent cependant jusqu'à moi. « Apparemment ça c'est super bien passé ce matin, Yvon dit que c'est une perle, que c'est un plaisir de travailler avec elle.... ». Par acquis de bon sens, je demande confirmation à Josée qui me dit que le test a été plus que concluant, précisant même « Elle a fait sensation, et dans tout les départements ! ». Le charme franco-italien a encore frappé. Il semble que notre serial-brodeuse joue du couteau comme personne. Heureuse de sa journée, contente d'avoir relevé le défi et de repartir pour un tour le lendemain, elle ne fait pas de vieux os et, alors qu'à minuit je suis devant le PC à raconter tout ça, elle est déjà dans les bras de Morphée.


Demain, c'est le deuxième jour. Björk doit réveiller la cuisinière à 5H30 car elle commence son service à 7H. Dur dur, heureusement qu'on a fait nos provisions pour le matin. Lucky Charms (céréales + guimauves) et confiture danoise aux framboises, ça aide parfois à se lever.



dimanche 23 septembre 2007

Twist again à Moscou


C'est pas la première fois que je me fais la remarque : je ne devrais pas m'engager sur des sujets pour des articles à venir. Mais voilà, ça part toujours d'une bonne intention, d'une idée qui me vient comme ça et que je pense pouvoir développer dans le temps qui me sépare de l'heure fatidique où je dois rafraîchir le blog. Rassurez-vous je vais tenir ma promesse, on va parler gastronomie québécoise, juste je n'ai pas eu le temps de réunir beaucoup d'image, mais je me rattraperai plus tard.


Les français, dans leur infinie chauvinitude, toisent le monde du haut de leur gastronomie. C'est vrai qu'avec l'escadron de chefs issus de la tradition tricolore, avec Robuchon en tête et ses jeux de mots comme autant de cerises sur le gâteaux, c'est facile de rouler des mécaniques. On en oublie trop souvent que le reste du monde n'a pas attendu l'arrivée des mousquetaires pour développer sa propre cuisine.


Bon, c'est sûr que le Québec, point de vue gastronomie, ce n'est pas l'Italie, mais il y a quand même quelques petites spécialités bien sympathiques. Comme on ne parle que de ce que l'on connait, je vais donc m'en tenir, pour le moment, à ce que nous avons testé.


Dans les épisodes précédents, en dehors de l'épluchette de blé d'inde et des tartes au bleuets, vous avez entendu parler de la poutine. Je ne pense pas que cette première spécialité puisse vraiment être rangée dans la catégorie gastronomie, mais c'est une véritable institution alors parlons-en. La poutine est en quelque sorte le résultat d'un dazibao alimentaire qui connait un nombre de déclinaisons presque infini. Au départ, la combinaison classique est la suivante : une portion de frites plutôt molles recouverte d'une sauce improbable (sorte de sauce de ragoût à base de fond de veau) et parsemée de petit morceaux de fromage caoutchouteux sans goût (un genre de mozzarella en plastique). Là dessus, certains snacks ou restos ce sont spécialisés et ont customisé tout ça. La sauce est parfois remplacée par de vraies sauces (poivres, fromages, italienne) et on trouve même parfois d'autres ingrédients pour rendre la poutine plus funky (poivrons, champignons, saucisses, mozzarella, cheddar...). Cela dit, une poutine reste une poutine. La base étant hyper simple, on peut effectivement faire n'importe quoi, parfois c'est bon, parfois c'est infecte, tout dépend d'où on la mange.


Le vendredi c'est le jour du poisson, mais Chez Latina c'est aussi celui de la tourtière !


En pays hivernal qui se respecte, le Québec possède des mets bien revigorants comme les soupes ou les plats de haricots, mais il y a aussi pas mal de tartes et de tourtes. Deux tourtières se font la guerre depuis des lustres : La Saint Jean et la Saguenay. La seule différence entre ses deux là étant la région d'origine. Nous avons goûté la première l'an dernier, mais nos papilles ne s'en souviennent que trop peu (et il va falloir qu'on approfondisse notre investigation de ce côté). Parlons plutôt de la seconde. La tourtière de Saguenay ou Saguenéenne, est une tourte à base de pomme de terre, d'oignons mais aussi de boeuf, de veau et de porc, le tout cuisiné avec des fonds de volaille, gibier, et veau et quelques épices. Enfin c'est ce qu'avoue Yvon, le chef des cuisines de Chez Latina, sur l'étiquette de la tourtière que j'ai rapporté.


Je pense que la photo parlera plus que moi. Je ne vais donc pas en faire tout un fromage, ce qui m'évitera d'être une fois de plus taxé de sadique. Cela dit, j'ai bien peur que les incartades culinaires ne reviennent hanter ces colonnes. Espérons juste que ce ne sera pas trop souvent, pour éviter que 5454 Almost Daily News ne devienne le supplice de Tantale pour les agités de la fourchette qui se cachent parmis vous.



vendredi 21 septembre 2007

Minuit dans le jardin du bien et du mal


Pas vu non plus, mais par respect pour ce cher Clint, je lui dois bien une place à la une... Et puis ça m'arrange bien. Et voilà, il est presque minuit et je viens juste d'ouvrir mon .doc très simplement intitulé : Blog V1. Ne voyez aucune analogie à quelque armement de pointe développé par un certain Von Braun au siècle dernier, le V1 n'est que la suite d'une malencontreuse fausse manipulation claviéristique qui m'a obligé à renommer mon document original. Par sécurité j'ai ajouté cette terminaison, disons technique, dans l'éventualité d'une erreur, et conserver ainsi mes données quoi qu'il arrive. Tout s'est bien passé, j'ai donc détruit le document de départ pour ne conserver que le V1.


Mais pourquoi un document ? N'écrit-il pas directement sur le blog ?


J'espère que cela ne fera pas trop disparaître la magie qui entoure la création du 5454 Almost Daily News mais effectivement, tout est écrit à l'avance. Si certains m'imaginaient peut-être prendre le clavier et taper directement sur le blog, pardonnez moi de vous décevoir mais ce n'est pas le cas. Comme à l 'école, j'utilise une bonne vieille page word comme brouillon et c'est seulement après relectures et corrections que tout est envoyé sur le blog.


Trêve de bla-bla, il est maintenant minuit et la fatigue me gagne, même si la journée a été plutôt tranquille. Dehors la nuit est fraiche et silencieuse, cette quiétude n'est pourtant qu'un masque cachant la dure réalité de la petite ruelle qui borde notre cours. Territoire très convoité par les chats du quartier, il n'est pas rare d'entendre des cris déchirer la nuit quand ils se disputent le contrôle de ces quelques mètres où les voitures ne passent que rarement. Je ne sais pas si cette musique animale, digne des jungles les plus hostiles, durera encore quand Montréal ne sera plus que neige et glace... Mais du moment que les petits félidés ne sont pas remplacés par d'hivernaux ursidés, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles.


Je n'avais jamais remarqué à quel point cette expression, bien que particulièrement claire pour tout le monde, était insensée ! Dormir sur ces deux oreilles... à la fois ? Je m'en vais vérifier la faisabilité cette hypothèse immédiatement. Ce week-end j'essaierai de vous concocter un petit texte sur une ou deux spécialités du coin. À Lundi...




Le territoire des chats.
Ils sont là, partout, tapis dans l'obscurité.


mercredi 19 septembre 2007

Ice Storm

En voilà un titre impressionnant ! Bon, j'avoue ne pas avoir vu ce film de Ang Lee avec Kevin Kline et Sigourney Weaver, ou alors juste le passage de la tempête de glace en zappant sur le satellite, enfin bref. À mettre des titres de film à chaque billet, je suis bien obligé, de temps en temps, d'en placer un que je ne connais qu'en partie, voir que de nom. Je vous rassure, comme toujours il y a bien un lien avec l'article du jour, mais ce n'est pas pour une raison météorologique. En effet, ici il fait toujours aussi beau, ensoleillé, avec 26° au compteur. Quand je repense à ceux qui nous ont tant dit que nous partions pour le territoire de l'hiver où, comme à Clermont-Ferrand, la neige recouvre tout 365 jours sur 365... Je me marre un peu.


Non, si j'ai utilisé ce film c'est simplement en lien avec notre occupation du jour. Pour tout vous dire, si j'étais un peu moins étourdi, vous auriez même eu droit à des photos, mais au moment d'appuyer sur la détente, je me suis aperçu que je n'avais pas de cartouches. Pas de carte-mémoire, pas de photo. Dommage, mais vous aurez quand même droit à un petit résumé.


Ce matin, mercredi, comme quand on était petit, on est resté au lit. Après notre petit déjeuné, avalé en regardant deux épisodes de The Office que nous nous sommes auto-rediffusés pour la enième fois en attendant la nouvelle saison (vivement le 27 septembre), nous avons vaqués à diverses occupations. Le professeur a répondu à quelques annonces avant de reprendre ses travaux, et moi je suis allé chercher le courrier. Ça m'a bien pris 30 secondes, ensuite j'ai fait ce que font pas mal de gens qu'ils n'ont rien à faire... c'est à dire pas grand chose. Une fois que le professeur a de nouveau été disponible, nous avons décidé de faire quelque chose de notre peau. Nous ne sommes à Montréal que pour un an et il fait beau et chaud, bref les conditions étaient réunies pour une petite ballade.


Nous sommes à deux pas du parc du Mont Royal, situé sur ce que les locaux appellent : la montagne. Le Mont Royal est une énorme colline du haut de laquelle on a une vue imprenable sur la ville. Le parc est une partie de cette espace de nature au coeur de la Montréal. Pour les curieux, je vous invite à jeter un oeil ici : Mont-Royal-infos et ici : Mont Royal-image.


« On ira, où tu voudras quand tu voudras... » disais ce bon vieux Joe, mais l'été indien (qu'on nomme ici l'été des indiens) reste pas mal chaud et il était hors de question de prendre l'itinéraire à la légère. En bon castor junior, je n'avais pas l'intention de prendre le risque de subir la chaleur trop longtemps. Oui bon, c'est vrai que 26° c'est pas la vallée de la mort, mais un léger sens du drame apporte toujours un peu de piment dans les histoires, alors pourquoi s'en priver. Le parc n'est pas loin mais en choisissant les bonnes trajectoires nous avions moyen de faire d'une pierre deux coups, soit déguster une bonne glace ET profiter des étendues verdoyantes du parc !


On ferme la porte et direction Dairy Queen (DQ) pour la première étape de notre périple. DQ est une sorte de fast food, sauf qu'à la place des hamburgers, on y trouve des glaces, ou plutôt de la glace. Oui car en fait DQ ne propose qu'un type de crème glacée, neutre et à base de lait, dans l'esprit des sundaes de l'oncle Ronald. Attendez, ne criez pas de suite à la déception, vous vous doutez bien que si on y va, ce n'est pas que pour le plaisir de marcher. Quand je dis neutre c'est que la crème glacée de DQ n'est pas surchargée en arôme vanille ni en sucre pour une bonne raison : le goût est dans ce qu'on y rajoute ! Je ne vais pas vous faire le détail de la carte de DQ, mais simplement vous dire ce pour quoi nous avons opté : Le Blizzard-banana-cheese-cake ! Bon en fait, on était venu pour le Blizzard-Tarte-à-la-crème-à-la-banane, mais il n'y avait plus de brisures de tarte alors on les a remplacés par des morceaux de cheese-cake. La recette est simple, dans un gobelet on met de la crème glacée, une demie banane en rondelle, de la sauce banane, des morceaux de tarte (quand il y en a) et on touille le tout avec la machine spéciale. Ce tourbillon glacée, c'est le blizzard (d'où le titre !) ! À mon avis, c'est aussi la version originale du Mc Flurry, du moins à l'époque où on était pas obligé de touiller nous-même avec notre cuillère pour remuer le tout. Il y a un paquet de combinaisons plus folles et gourmandes les unes que les autres, mais le blizzard n'est pas la seule spécialité. Il y a aussi les coupes avec de monstrueux morceaux de brownies et de bons vieux cornets qui sont remplis de glace, puis trempés dans le chocolat fondu, qui se solidifie ensuite au contact de la glace pour faire une petite croute qui ... mais je m'égare. Je passe sur les portions qui, comme tout ici, sont plutôt généreuses, à tel point que je ne prend même pas le risque de commander autre chose que la plus petite (en tous cas pour le moment).


Notre assurance vie en main, nous nous dirigeons ensuite vers le parc pour nous immiscer dans la peau d'un étudiant. Les universitaires viennent en effet de reprendre les cours et en fin d'après midi, c'est le moment ou beaucoup décompressent. Le monde se divise alors en deux catégories. Les sportifs, qui jogguent dans leurs plus beaux shorts, et les oisifs qui siestent sous les plus beaux arbres. Pour s'adonner à leur activité favorite, et bien que diamétralement opposés, tous se retrouvent pourtant dans un seul et même endroit : le parc Mont Royal. Nous devions nous aussi choisir notre camps, mais n'ayant pas pensé à prendre notre short, nous étions bien obligé de nous joindre à celui des oisifs.

Le reste est plutôt facile à imaginer. Nous mangeons notre glace sous le regard intrigué des écureuils, profitons un moment de la fraicheur de l'herbe et de l'ombre des grands arbres, puis nous rentrons chez nous en suivant les joggers qui nous dépassent grâce à leurs chaussures de compétitions.


Comme je le disais, je n'ai pas de photos de tout ça, mais pour ne pas vous abandonner comme ça, voici un petit cliché de notre cours vue du ciel, ainsi qu'une petite image qui annonce la fin de l'été.




lundi 17 septembre 2007

Pump Up The Volume

Lundi. Vous avez donc repris le travail, l'école ou d'autres activités diverses et variées que vous vous réservez pour la semaine. En ce qui me concerne, en quittant mon poste hier soir, j'ai appris que j'étais off aujourd'hui et mercredi. Bonne surprise, je peux donc consacrer un peu de temps au blog, en pleine journée, sans être obligé de me speeder vers minuit pour vous confectionner quelque chose à la dernière minute.


Une fois n'est pas coutume, je profite aujourd'hui de cette tribune pour répondre aux interrogations, non pas de auditeurs bien sur, mais de nos chers lecteurs.


« Dis donc t'as pas un peu maigri ? »

Thomas L. , le 15 septembre.


Cette remarque fait écho à celle de Nathalie B. qui me posait la même question au téléphone quelques jours plus tôt. Nous n'avions pas de pèse-personne dans nos bagages et je n'ai pas vraiment senti de changement particulier en ce qui concerne ma garde robe, ce qui fait que, si la question est simple, il ne m'est pourtant pas facile d'y répondre. Je ne crois pas avoir maigri, mais je vois plusieurs explications. Tout d'abord, je pense simplement que la photo n'est peut-être pas vraiment fidèle, même si elle me ressemble plus que celle du photomaton (cf : Abre-Los-Ojos). Ensuite, il est possible que l'éloignement et le temps qui s'est écoulé depuis notre dernière rencontre ait brouillé l'image que vous avez conservez de moi. Dans votre souvenir je suis peut-être simplement plus rondouillard que dans la vraie vie (ou pas). Quoi qu'il en soit, je suis touché de voir que vous vous souciez de ma santé, mais ne vous inquiétez pas, je me soigne.


J'enchaîne donc sur la suite du message de Thomas L. qui terminait en disant :


« Tu t'laisses pas mourir de faim hein ? Dis? »

Thomas L. , le 15 septembre.


Bon, là c'est flagrant il s'agit bien sûr d'une boutade car si vous nous connaissez, ou simplement si vous suivez un tant soi peu le 5454 Almost Daily News, vous vous doutez bien que nous ne sommes pas du genre à nous laisser gagner par la faim et que, quoi qu'il arrive, nous trouvons toujours un moyen de nous sustenter. Connaissant cependant la forte propension aux dérives alarmistes qui gangrène notre époque post-millénariste (Okay), je préfère clarifier la situation immédiatement (Okay). Au fil des billets, vous avez pu relever des indices qui laissent présager que nous ne nous laissons pas abattre. Petit rappel sous forme de jeu : Cherchez dans l'ensemble des articles, le nombre de fois où apparaissent les mots : beurre de cacahuètes, doughnut, bagel, tarte, pâtisserie. Comme vous avez pu le lire/voir dans le billet précédent (Sugarland Express), Stéphanie a bel et bien pris procession des fourneaux et ses tartes n'étaient à mon avis que le début d'une longue série d'expérimentations pâtissières (enfin j'espère).


En parlant d'expérimentations, j'ai réussi pénétrer discrètement dans le laboratoire du professeur Christmannstein. Une fois dans l'antre, au milieu des divers matériaux, j'ai d'abord trouver une paire de chaussons et un bonnet, apparemment conçus pour des personnes de très petite taille...





Un peu plus loin, je suis tombé nez à nez avec la créature. Pour l'instant il ne s'agit que d'une enveloppe corporelle et les différentes pièces de cet étrange puzzle ne sont pas encore assemblées. Il m'a ensuite fallu fuir pour ne pas être repéré, et pouvoir vous rapporter ses images exceptionnelles !




J'espère pouvoir vous en montrer plus bientôt. En attendant, je vous laisse avec un cliché du professeur sur sa dernière invention : le fauteuil à parasol suspendu !



PS : Avec toutes ses aventures scientifiques, j'ai oublié de répondre à nos chers afficionados de La Touche qui nous ont fais parvenir quelques mots par voie postale. Merci beaucoup, on pense bien à vous dans votre petite chaumière : )

vendredi 14 septembre 2007

Sugarland Express

Les derniers articles publiés parlaient beaucoup de moi et de mon actualité charcutière. Je vais revenir une dernière fois sur ce sujet, puis nous tournerons la page. On ne va pas faire le mois de septembre la dessus. Pour ce qui est de mon travail, donc, j'ai repris jeudi et je pense avoir à peu près trouver le rythme. Tout se passe bien d'autant que le chef qui s'occupe de la partie traiteur,Yvon, est de Baugy, pas loin de Bourges. Avec un berrichon dans les parages, je ne suis pas totalement perdu. Pour ce qui est du blog, par contre, j'avoue que je vous ai un peu laissé mariner. Le 5454 est de moins en moins quotidien, je vous l'accorde. Milles excuses amis lecteurs, je vais essayer de remédier à ça du mieux possible. Voici donc enfin, bandes de petits curieux, votre ration du jour en infos et anecdotes !


Comme je le disais votre serviteur a pas mal fait la une du 5454 Almost Daily News ces derniers temps. Permettez-moi donc de m'effacer devant la reine du jour, j'ai nommé Stéphanie. Je ne compte plus les courriers, emails, télégrammes, textos et autres pigeons voyageurs, sans parler du standard qui explose. Tout le monde se demande ce que fait la belle pendant que la bête charcute ! En dehors de sa recherche d'emploi, activité somme toute classique en se début d'aventure, notre tricoteuse cliquète. Les aiguilles sous pression, elle ne manque pas une seule occasion de faire avancer son projet nippon. Napperon ? Non, non, NIPPON. Stéphanie a en effet trouvé des protocoles d'expérimentation sur un blog japonais et, à l'instar du professeur Frankenstein, elle travaille actuellement à la réalisation de sa créature. Ne vous inquiétez pas, cette dernière n'est pas fabriquer à partir de reliques humaines, mais uniquement de laine. Pour le moment, il s'agit surtout de plusieurs morceaux éparses qui deviendront, si l'expérience se passe comme prévu : la tête, les bras, les jambes et la queue. Vous en saurez plus lorsque j'aurais entendu le professeur Christmannstein s'écrier : « IT'S ALIVE, ALIIIIVE ! » (Il est vivant, vivaaaaant).


Mais quel rapport avec le titre ? Patience, j'y viens. Depuis dimanche dernier, S. et Anaïs avaient prévu de se retrouver pour préparer une tarte aux bleuets (nom local des myrtilles). Mais voilà, pas facile de mettre cette opération en place. Lundi, Anaïs passe déposer l'ingrédient principal : les bleuets. Dans un joli petit panier, deux bons litres de myrtilles sauvages emménagent donc dans notre immense frigo. Il faudra cependant attendre le mercredi pour que les deux acolytes ne mettent leur menace à exécution. Si le début des hostilités était originalement planifié pour 10H, le lancement aura finalement lieu vers 14h. Tout l'après-midi, le 5454 empeste la pâte sablée et les bleuets. Insupportable. Je vous passe les détails de la préparation, mais au final le four accouchera de deux jumelles de belle taille suivies d'une quadruplette de demi-portions (voir photos). Non content de proposer ses productions en deux formats, l'atelier clandestin pousse le vice jusqu'à offrir deux finitions : brut ou crème ! J'en salive encore. Évidement, il est autorisé de faire de la pâtisserie chez soi, mais vu les proportions, il devenait difficile de faire passer tout ça pour de la consommation personnelle. Étant donné le risque que représentaient ses productions illégales, il a bien fallu les faire disparaître. La dernière part nous a quittés ce matin, au petit déjeuner.






Bizarrement, c'est peu de temps après cette disparition (dont je suis responsable) qu'est réapparu quelqu'un qui a déjà eu l'honneur de figurer dans ces pages, dans un article intitulé Bodyguard. Ce matin donc, devant notre porte, le fameux chat noir qui nous avait maintes fois raccompagnés à domicile était de retour. Eu égard à sa couleur, et aussi un peu au fait qu'il affectionne particulièrement trainer sous les voitures, nous avons appelé ce visiteur Carbon (prononcer Carbone). Je suis parti travailler et il était encore là à mon retour, surveillant le professeur Christmannstein. En bon chat qui se respecte, Carbon passe le plus clair de son temps à roupiller sur une des chaises de la cuisine, quand il n'est pas sur les genoux du professeur.



mercredi 12 septembre 2007

Delicatessen


Un rythme à trouver. Voilà sur quoi je terminais mon précédent bulletin. À bien y réfléchir je ne pouvais pas vraiment choisir une plus belle image. C'est vrai que depuis des lustres j'ai toujours eu une relation assez intime avec le tempo. Sans tomber dans la séquence auto-analyse façon Psychologies ou, en plus scientifique, Marie Claire, on peut cependant remarquer qu'entre mes fonctions de tanneur de peaux, de polisseur de vinyles ou celle de bricoleur sonore et autres activités en général, je suis plutôt rompu à l'exercice du calage (avec plus ou moins de réussite, c'est vrai)... De là à dire que c'est pour ça que j'ai perdu autant de montres dans ma jeunesse il n'y a qu'un pas, mais je ne le franchirai pas. Pour en revenir à aujourd'hui, disons simplement qu'entre travail, découverte et blogage, ça fait un paquet de notes à caser, ce qui explique le délai qui s'installe parfois entre les billets. Désolé pour ces interruptions indépendantes de notre volonté. Nous reprenons la suite de notre programme.


Pour le moment mon rythme de travail est plutôt calme. J'ai travaillé vendredi et samedi, suivi d'un jour exceptionnellement chômé le dimanche. Retour derrière le comptoir lundi pour ma première vraie journée et ensuite mes deux jours de repos officiels. Ce lundi à plutôt bien commencé. Arrivé à 11h, j'enfile ma blouse et mon petit chapeau puis me dirige vers le département charcuterie pour rejoindre Arben, mon superviseur. A cette heure là c'est encore tranquille. On met des étiquettes de prix à droite et à gauche, on entre des codes dans la balance, la routine quoi. Vers 11h30 – 12h arrivent les premiers affamés en quête de chaire fraîche. Une file se forme pour les plats préparés et une autre pour les sandwichs. En quelques secondes on est complètement cernés. Christian et Claire débaroulent de la cuisine pour nous prêter main forte, c'est le fameux rush dont on m'avait tant parlé. Effectivement c'est un peu la folie. L'équipe est bien organisée. Claire aux plats préparés, Christian à la trancheuse, Arben et moi aux sandwichs. Campé à mon poste, je ne lâche pas mon couteaux et enchaîne les casse-dalle à une vitesse qui m'étonne moi même. Pour l'instant je fais mes classes, je suis encore loin de la dextérité de mon capitaine, mais disons que j'ai une bonne base (enfin je crois). Quand on est tranquillement chez soi, ou en camping, ou ailleurs, mais en tous cas loin du front, on ne se doute pas du nombre d'interrogations que suscite la préparation d'un casse-croute. Pire, on ne se rend même pas compte qu'elles doivent être hiérarchisées. « Quelle viande ? ». C'est la première question, essentielle, celle qui passe juste après le désormais automatique « Bonjour-ça-va-bien-je-peux-vous-aider ? » (sachant que le ça-va-bien est le premier à tomber au champs d'honneur quand les clients deviennent trop nombreux). La réponse est immédiatement transmise à Christian pour qu'il découpe la viande pendant que les préparateurs s'affairent à empiler le reste des ingrédients. Dans l'ordre, les étapes suivantes sont : Sauce 1, sauce 2, salade, aubergines marinées (douces ou épicées), tomate, sel, poivre, herbes, huile, balsamique, fromage. On dépose ensuite le tas de viande sur cette tour alimentaire. Quand je dis tas, ce n'est pas un terme péjoratif, c'est simplement qu'ici, un sandwich au jambon ne comporte pas un ou deux bouts de jambon, mais toute une tripotée de fines tranches, 8 à 12 en fonction du type de bidoche. On referme le tout d'un geste rapide et sûr, élégant et presque magique, puis on coupe notre oeuvre en deux pour en faciliter la dégustation. Pour terminer on cellophane le tout d'un geste normalement tout aussi efficace, mais pour le moment je fais surtout... de mon mieux.


Quelques minutes plus tard, les mangeurs ont disparu, presque aussi instantanément qu'ils étaient apparus. Combien de temps dure le rush ? Je ne sais pas. Je pense que si l'on posait la même question aux frères d'armes du soldat Ryan, quand ils ont posé le pied sur Omaha Beach ils répondraient comme moi : « Ça a peut-être duré une 30 minutes ou 1 heure, impossible à déterminer. Tout est allé très vite, pas le temps de réfléchir, il fallait avancer, coûte que coûte. Vous savez dans ces moments là le temps n'existe plus, seul l'objectif compte, s'en sortir ».


La suite de la journée est une suite de petites tâches simples entrecoupées de service à la clientèle (découpe, information... ) et de ma pause quotidienne d'une heure. Petit à petit on commence à ranger le stand en commençant par l'atelier sandwich vers 16h. Lundi c'était le grand jour car, après deux journées d'observation, j'avais l'honneur de fermer la boutique. À 18h, Arben m'abandonne les commandes du vaisseau charcutier. Le rangement était déjà bien avancé et à 19h j'avais fait le maximum. Mon service fermant à 20h, je dois conserver une trancheuse et toutes les viandes à dispo jusqu'à 19h45 au moins. Les clients sont rares en fin d'après midi, mais vers 19h20 quelques personnes pointent leur nez. Des demandes précises, parfois longues à préparer, tant et si bien qu'à 19h50 je souffle enfin. Je m'occupe des viandes et attaque la dernière trancheuse. Un petit rayon de soleil vient cependant illuminer ces dernières activités de la journée. Stéphanie apparaît de l'autre côté du comptoir. Il est 20h15, elle fait un tour dans la boutique et sort m'attendre sur le petit banc devant l'épicerie. Je passe sur le fait qu'un compatriote quelque peu prétentieux parte énervé que, à 20h45 alors que j'ai la serpillière à la main, je refuse de lui couper du jambon après avoir passé 15 minutes à nettoyer la trancheuse, et que, comble de l'arrogance, je refuse diplomatiquement de lui couper en deux un morceau individuel de Vieux Pané de 150g, pour qu'il économise 2$. L'air de rien, le temps de tout briquer il est déjà 21h. Je sors, un peu crevé par cette dernière ligne droite. Apparemment je ne me suis pas trop mal débrouillé, j'en saurais plus à mon retour de permission.


Arrivé à la maison, rien de mieux qu'une petite tranchette de pain à l'anis et aux figues avec une couche de confiture bio à la fraise pour faire s'envoler la fatigue en quelques secondes. Ces délicieux mets nous viennent directement de chez nos voisins américains, du Vermont pour être exact. C'est Anaïs et Sylvain qui nous ont rapporté ces charmants cadeaux de leur petite balade du samedi (le Vermont est à 2h de route de Montréal). Sur la photo, on ne voit pas le pain (juste son emaballage) car il a déjà totalement disparu, mais on aperçoit les laines de mouton et de chèvre, douces et naturelles qu'ils avaient jointes au nécessaire de survie. Le récit idyllique de leur samedi états-unien nous a donné envie d'aller y faire un tour ! Qui sait, vous lirez peut-être cette histoire un de ses quatre...


dimanche 9 septembre 2007

Mille Milliards de Dollars


Panique à la rédaction, les photos sont trop petites et finissent par disparaître complètement, puis c'est le silence, long, pesant. Les pires rumeurs fusent au sein du lectorat du
5454 Almost Daily News : racheté par les américains, contrôlé par le Gouvernement, censuré par Microsoft... Il n'en est rien. En réalité ceci est le fait de deux facteurs principaux : l'improvisation technique et le manque de temps.


Ce blog est notre premier et c'est donc aussi une découverte continuelle des options et de leur utilisation. Grâce à cette bonne vieille méthode empirique du « je teste, on verra ben », nous savons aujourd'hui que choisir petite pour la taille des photos est une mauvaise idée, et qu'il faut rafraichir les pages assez souvent pour être sûr de ce qui s'affiche au final. Enfin bref, je sens que nous sommes en train de perdre quelques afficionados devant ces propos à haute teneur en technicité, alors je ne vais pas aller plus loin. J'ai un peu de temps ce dimanche pour remédier à tout ça. Les photos sont de nouveau disponibles, en moyen ET grand format. Vous les retrouverez dans le billet précédent. Réjouissez-vous, Ô 5454ers !



Pour ce qui est du manque de temps, si l'information n'a pas filtré jusqu'à toi qui lit ses lignes, il est dû au fait que j'ai commencé à exercer ma nouvelle profession : Commis à la charcuterie et aux fromages. Mes horaires sont 11h30>20h du jeudi au lundi. Chez Latina (voir dans les liens) est une épicerie fine. L'établissement n'est pas grand mais tout est basé sur la qualité du service et des produits, ce qui a fait la renommée du magasin. L'ambiance est bonne et les gens, collègues et clients, sont très sympathiques. Je découpe toutes sortes de jambons et pâtés pour les clients, en tranches fines s'il vous plait. Je prépare aussi des sandwichs à la demande, farcis des olives au prosciutto et provolone. En fin de journée, c'est surtout du nettoyage en long, en large et en travers, histoire que tout soit propre pour le lendemain. Bon évidement, en grand professionnel je me dois de connaître les produits pour pouvoir les conseiller à mes clients. Ces premiers jours sont donc aussi l'occasion d'éparses mini-dégustations, un petit bout par ci, un autre par là. Pour le moment, mention spéciale au filet de saumon fumé à l'ancienne, rare et particulièrement savoureux. Pas trop d'images de mon travail, pour le moment je n'ai pas trop de temps pour ça car j'ai un paquet de choses à apprendre et un rythme à trouver. Voici quand même une petite photo avec mon chapeau melon réglementaire. Il faut imaginer ça en situation, derrière le comptoir, avec ma blouse blanche un gros Serano à la main ! Eh, eh !


Après Jimmy chez Boucherie,
voici Jimmy à la charcuterie !



vendredi 7 septembre 2007

Breakfast Club

Et voilà, vous savez tout sur ces derniers jours de folie cinématographiques. La journée de mardi a été plutôt tranquille. En début d'après midi, je fais un petit saut chez mon nouveau coiffeur, histoire de rafraichir un peu ma tignasse avant de passer à l'épicerie. J'arrive donc chez Copains Coiffure, ça ne s'invente pas, et je comprends de suite que mon merlan est anglophone, et anglophone uniquement. La radio crache un meddley 80's aux relents new wave à base de Soft Cell, Erasure et autres Depeche Mode. Mon nouveau copain chantonne en faisant cliqueter ses ciseaux, mais ça va, ce n'est pas trop fatiguant. Avoir un coiffeur anglophone a un avantage certain, la barrière de la langue évite les discussions de coiffeurs et les fameux « Vous êtes en vacances ? » ou « Vous travailler dans quoi ? » et autres conversations météorologiques de première importance. En 15 minutes j'ai une nouvelle tête, je repasse au 5454 et je file à Chez Latina, l'épicerie où j'ai envoyé mon CV le matin même car une annonce était placardée sur la porte dudit commerce.


Arrivé Chez Latina, le commis du rayon charcuterie me renvoie au responsable de la boucherie qui me pose deux ou trois questions puis me conseille de repasser demain matin avant 10h, si je veux avoir une chance de rencontrer la boss. L'air de rien il est déjà 16h45. En rentrant à l'appart, j'ai un message de la gérante qui me dit qu'elle voudrait bien me voir le lendemain matin, mercredi. Je vous passe les détails du bref entretien de ce mercredi matin, mais en gros : « T'as l'air sympa, t'aime la cuisine, tu serais surement mieux payer ailleurs mais si t'es ok tu commences à 10€ de l'heure et si ça roule j'essaierai de te passer à 11€ » (le smic est à 8€/h). Emballé c'est pesé, je commence vendredi à 11h (au moment où vous lisez ces lignes je suis en plein boulot quoi).


Jeudi. Levés vers 8h pour aller au Santropol Roulant où nous faisons notre premier bénévolat en cuisine. Ce jeudi c'est brunch géant avec les bénévoles et les clients. Avec Marie Framboise entre autres, on s'affaire en cuisine sous la houlette de Armel. Le menu est plutôt, disons éclectique. Salade de lentilles, salade de pomme de terre, asperges au four avec fraises fraiches, raisin, cerises de terre, salade de bananes-coco-ananas et cacahuètes, lasagnes aux aubergines, poulet aux tomates et fromage, feuilles de vignes farcies, salade de quinoa-feta et champignons, maquereaux aux tomates-oignons et poivrons, muffins, cookies, croustillades aux fruits, j'en passe et des meilleures. Vers 12h, la cuisine terminée, tout le monde rejoint les clients sous une immense tente et s'arme de sa fourchette. Jusqu'à 15h c'est la fête du palais, et on a même droit à un peu d'entertainment avec une troupe de chanteurs qui nous présente une partie de leur spectacle, une reprise de la comédie musicale Grease. Difficile de raconter le brunch, il fallait vraiment y être pour en profiter. Retranscrit en mots, ça ne donne pas grand chose. Voici pourtant quelques images montrant la cuisine et la tente ou nous étions. Grandes absentes de ses photos, les guêpes qui en cette saison sont plus que nombreuses. Tout au long de ce début d'après midi, elles nous ont tourné autour tels la patrouille de biplans chassant King Kong sur l'Empire State Building.



Préaparation. Stef au premier plan, Armel aux cookies




Préparation, toujours...




Stef et sophie, après le brunch, nettoyage




Votre serviteur




Stef et Marie Framboise à l'essuyage




Marie Framboise, la reine des torchons ! : )



La table

(absents d l'images : les cookies et les muffins)



Les salades



Marie Framboise et Armel, les inséparables.




Une partie des desserts



La tente


mercredi 5 septembre 2007

L'Odyssée


Précédemment dans 5454 :

Montréal fait son cinéma, Anaïs la cinéphage, Ingmar dans la nuit américaine, orientation et cookies, l'invitation.


Dimanche. Après une grasse matinée de rigueur (on est dimanche, c'est sacré), on débute tranquillement la journée. Petite connexion avec l'Europe vers 15h ou 16h pour se tenir au courant de ce qui se passe de l'autre côté de l'atlantique et voilà. A 21h, nous sommes au rendez-vous. Anaïs et Sylvain aussi. L'Impérial mérite bien son nom. La salle principale de ce cinéma est magnifique. Bien qu'elle soit assez grande, elle ne contient pas beaucoup de places. Les sièges sont très confortables et on peut étendre ses jambes, ce qui est bien agréable.


L'entrée de la salle (à droite)


La salle vue de l'entrée


L'écran (difficile à avoir en entier)


C'est la première nord-américaine du film « Le mas des alouettes » sur le génocide arméniens. Le sujet n'est pas très funky, mais le casting réunit André Dussolier, Tcheky Karyo, Moritz Bleibtreu, Paz Vega et Angela Molina. Le mot qui résume le mieux ce film est sans doute « chaotique », et nous ne parlons pas du fond, mais de la forme. Le personnages sont des turcs et des arméniens, joués entre autres par des italiens, des espagnols, des français et un allemand, qui sont tous (mal) doublés, en italien. Pour faciliter les choses, l'histoire se passe non seulement en Turquie mais aussi en Arménie et en Italie et, au cas où certains arriveraient encore à suivre, le film, diffusé en version originale, est sous-titrés en anglais ! Ok, le portrait n'est pas très flatteur mais c'était quand même une bonne expérience. Pour nous remettre de nos émotions, nous sommes allés manger une poutine (voir plus tard dans un billet sur les spécialités locales) avec nos compagnons de routes. On se couche encore à je ne sais qu'elle heure, le temps de fermer un oeil car demain matinée suédoise.


Lundi, debout à 8h. J'arrête tout de suite ceux qui fantasment déjà sur la « matinée suédoise ». Il s'agit bien sur d'une séance de ciné. Le film est suédois et a 10H au Quartier Latin. Ce coup là, c'est difficile de résumé en un mot, ou alors ce serait « scandinave ». Le sujet est dur mais la réalisation est épurée et subtile, les images magnifiques, la musique minimaliste et les acteurs justes. « A new man » est une réussite, la journée commence bien. Le temps de sortir du ciné et on se dirige directement vers le Santropol Roulant où nous faisons notre première séance de bénévolat. Nous arrivons un peu en avance, on papote avec Armel, le chef de la cuisine et on commence. Nous sommes 4 et il se trouve qu'aujourd'hui nous sommes tous français. Armel (le chef) est arrivé à Montréal il y a 10 ans et vient de Bretagne. Il a un peu plus d'une trentaine d'années. Marie-Françoise (prononcer Marie-Framboise en cuisine), est bénévole comme nous, mais est installée à Montréal depuis une quinzaine d'années. Elle arrive de Paris mais a passé son enfance à Saint Amand Montrond et adore Bourges. Elle a deux filles qui vivent à Montréal (enfin si j'ai bien compris) et elle est folle de cinéma (on est bien tombés). 73 repas à empaqueter puis un brin de vaisselle et un peu de rangement, écrit comme ça ce n'est pas très engageant, mais une fois les tâches réparties et la bonne humeur installée, nous arrivons à bout de nos missions sans trop voir le temps passer. Un petit morceau de pudding au pain avec un café et nous rentrons prendre une petite douche avant de repartir au ciné. Je rassure les gourmands qui lisent ses lignes, le pudding au pain n'est pas fait simplement de pain. Non. Il comporte aussi d'autres ingrédients parmi lesquels on retrouve de la cannelle et du chocolat.


19h. Nous retrouvons Anaïs pour un film chinois « Ying Tao », Cerises pour les non-mandarinophones. Techniquement on est loin de la qualité du film du matin, mais le film n'en demeure pas moins beau. On navigue entre humour et poésie dans la campagne chinoise des années 80. On passe un bon moment, mais à suivre une famille dans son quotidien pendant plusieurs années, ça fait un paquet de repas ! La faim nous gagne et alléchés par le film, nous nous réfugions dans un restaurant chinois du mini China Town. Retour ensuite à pied pour digérer. On raccompagne notre bienfaitrice et on rentre, une fois de plus lessivés. Bien qu'on ne travaille pas le réveil est quand même branché car nous avons un tas de choses à faire. Stéphanie doit terminer ses CV et moi je dois passer chez le coiffeur et à l'épicerie du quartier pour voir si mon accent français ne serait pas un atout pour leur département charcuterie et fromages. Suspens, suspens !


L'Iliade


La longueur du récit de notre odyssée de ces derniers jours rivalisant avec l'oeuvre d'Homère, j'ai pris soin moi aussi de scinder mon texte en deux volumes. En attendant de les retrouver dans La Pléiade, attaquons donc le premier...


En ce moment, Montréal fait son cinéma. Brad Pitt est récemment passé dans le coin pour tourner quelques scènes de son prochain film The Curious Case of Benjamin Button, et le tournage du troisième volet de La Momie vient de commencer dans les studios de la cité du cinéma situés à la sortie de la ville. Le Festival des Films du Monde vient quant à lui de s'achever ce lundi, après une semaine de projections, je-ne-sais-combien de films et autant de spectateurs... dont nous faisions partie.


Il y a des gens qui tournent aux amphet's, d'autres au chocolat ou à la bière, et il y en a pour qui c'est le cinéma. Anaïs, dont nous vous avons déjà parlé, est de ceux là. De ceux qui tournent au ciné bien sur, quoi qu'elle ne crache pas sur le chocolat non plus, question de magnésium sans doute. C'est fou comme le manque de magnésium est répandu de nos jours. Le pire c'est en décembre et en avril, on constate des piques que les allergologues n'ont toujours pas réussis à expliquer. Enfin bref, peu importe, revenons à nos pellicules. Pendant le festival, notre ciné-addict se transforme en comtesse des Carpathes, fuyant la lumière du jour pour les salles obscures, enchainant films sur films en y sacrifiant parfois quelques heures de sommeil bien méritées.


Ça faisait un petit moment que notre cinéphage nous parlait de ce festival, mais il fallait descendre en centre ville et on ne connaissait pas trop la programmation bref, nous n'étions pas super motivés. Mercredi soir, un Bergmann était diffusé en plein air, gratuitement, sur la place des arts à côté du musée d'arts contemporains. Intéressant. Mais la flemme et une météo incertaine nous ont retenus chez nous. « Pas maintenant Ingmar ! » Le destin nous donnait cependant une seconde chance le vendredi, avec un deuxième film du célèbre suédois récemment disparu. Par respect pour l'oeuvre, mais aussi pour la mémoire de l'artiste et une tendresse particulière pour son pays, nous prenons le risque de sortir malgré les nuages gris, priant, en bon gaulois, que le ciel ne nous tombe pas sur la tête. Nous arrivons au début du générique de « La Source », diffusé en version originale s'il vous plaît. Il fait un peu frisquet mais ça va. On s'installe sur les marches de la place et c'est parti. Bien que nous soyons en plein coeur de la ville, avec des voitures qui circulent pas loin, le lieu est particulièrement silencieux. Tout le monde suit le film dans une ambiance monacale. Les dialogues en suédois résonnent dans la nuit américaine, donnant une dimension encore plus incongrue à la situation. Le vent se lève, Stockholm n'est pas loin, du moins en température. Anaïs nous a rejoint pendant le film. Après le générique de fin et les applaudissement du public, nous rentrons à pied direction la chaleur de notre foyer. Discussions, boissons chaudes, les heures passent plus vite que prévus. Vers 4h nous capitulons, le réveil sonne dans 6h.


Samedi. Levés à 11h. Nos amis scientifiques et/ou mathématiciens auront certainement noté que 6 et 4 ne font pas 11, mais il y a un facteur à ne pas oublier, le facteur humain. Celui-ci influe toujours considérablement sur tout et n'importe quoi, et en particulier sur le temps de réaction entre l'audition d'un signal de réveil et la modification de la station couché en station debout. CQFD. Nous avons rendez-vous à 13h au Santropol Roulant, une association de portage de repas pour les personnes à mobilité réduite (nous reviendrons ultérieurement sur ce sujet). Nous étions déjà plus que volontaires avant la réunion d'orientation présentant l'asso aux futurs cuisiniers bénévoles que nous sommes, quant à la fin de celle-ci, on nous offres de délicieux (et énOrmes) cookies. Définitivement conquis par ces cookies, nous marquons nos noms pour venir donner un coup de main le lundi suivant, de 13h à 16h. La suite du samedi est plutôt calme. Un petit tour au supermarché pour faire nos courses vers 22H puis le reste en roue libre : lecture, travail des CV, recherches diverses... Vers 0h30, le téléphone sonne. Anaïs. On discute, on papote et elle nous annonce que demain elle nous invite à l'Impérial, le plus beau ciné de Montréal, voir un film franco-italien sur le génocide arménien : The lark farm (Le mas des alouettes) . Le casting est plutôt prometteur et la nuit porte conseil... Mais comme il fait déjà nuit et que l'offre est alléchante nous réfléchisons un quart de seconde et n'écoutant que notre courage, faisant fit des conseils d'une nuit que nous connaissons à peine, nous acceptons. L'air de rien il est déjà tard, nous allons nous coucher.


à suivre...