La longueur du récit de notre odyssée de ces derniers jours rivalisant avec l'oeuvre d'Homère, j'ai pris soin moi aussi de scinder mon texte en deux volumes. En attendant de les retrouver dans La Pléiade, attaquons donc le premier...
En ce moment, Montréal fait son cinéma. Brad Pitt est récemment passé dans le coin pour tourner quelques scènes de son prochain film The Curious Case of Benjamin Button, et le tournage du troisième volet de La Momie vient de commencer dans les studios de la cité du cinéma situés à la sortie de la ville. Le Festival des Films du Monde vient quant à lui de s'achever ce lundi, après une semaine de projections, je-ne-sais-combien de films et autant de spectateurs... dont nous faisions partie.
Il y a des gens qui tournent aux amphet's, d'autres au chocolat ou à la bière, et il y en a pour qui c'est le cinéma. Anaïs, dont nous vous avons déjà parlé, est de ceux là. De ceux qui tournent au ciné bien sur, quoi qu'elle ne crache pas sur le chocolat non plus, question de magnésium sans doute. C'est fou comme le manque de magnésium est répandu de nos jours. Le pire c'est en décembre et en avril, on constate des piques que les allergologues n'ont toujours pas réussis à expliquer. Enfin bref, peu importe, revenons à nos pellicules. Pendant le festival, notre ciné-addict se transforme en comtesse des Carpathes, fuyant la lumière du jour pour les salles obscures, enchainant films sur films en y sacrifiant parfois quelques heures de sommeil bien méritées.
Ça faisait un petit moment que notre cinéphage nous parlait de ce festival, mais il fallait descendre en centre ville et on ne connaissait pas trop la programmation bref, nous n'étions pas super motivés. Mercredi soir, un Bergmann était diffusé en plein air, gratuitement, sur la place des arts à côté du musée d'arts contemporains. Intéressant. Mais la flemme et une météo incertaine nous ont retenus chez nous. « Pas maintenant Ingmar ! » Le destin nous donnait cependant une seconde chance le vendredi, avec un deuxième film du célèbre suédois récemment disparu. Par respect pour l'oeuvre, mais aussi pour la mémoire de l'artiste et une tendresse particulière pour son pays, nous prenons le risque de sortir malgré les nuages gris, priant, en bon gaulois, que le ciel ne nous tombe pas sur la tête. Nous arrivons au début du générique de « La Source », diffusé en version originale s'il vous plaît. Il fait un peu frisquet mais ça va. On s'installe sur les marches de la place et c'est parti. Bien que nous soyons en plein coeur de la ville, avec des voitures qui circulent pas loin, le lieu est particulièrement silencieux. Tout le monde suit le film dans une ambiance monacale. Les dialogues en suédois résonnent dans la nuit américaine, donnant une dimension encore plus incongrue à la situation. Le vent se lève, Stockholm n'est pas loin, du moins en température. Anaïs nous a rejoint pendant le film. Après le générique de fin et les applaudissement du public, nous rentrons à pied direction la chaleur de notre foyer. Discussions, boissons chaudes, les heures passent plus vite que prévus. Vers 4h nous capitulons, le réveil sonne dans 6h.
Samedi. Levés à 11h. Nos amis scientifiques et/ou mathématiciens auront certainement noté que 6 et 4 ne font pas 11, mais il y a un facteur à ne pas oublier, le facteur humain. Celui-ci influe toujours considérablement sur tout et n'importe quoi, et en particulier sur le temps de réaction entre l'audition d'un signal de réveil et la modification de la station couché en station debout. CQFD. Nous avons rendez-vous à 13h au Santropol Roulant, une association de portage de repas pour les personnes à mobilité réduite (nous reviendrons ultérieurement sur ce sujet). Nous étions déjà plus que volontaires avant la réunion d'orientation présentant l'asso aux futurs cuisiniers bénévoles que nous sommes, quant à la fin de celle-ci, on nous offres de délicieux (et énOrmes) cookies. Définitivement conquis par ces cookies, nous marquons nos noms pour venir donner un coup de main le lundi suivant, de 13h à 16h. La suite du samedi est plutôt calme. Un petit tour au supermarché pour faire nos courses vers 22H puis le reste en roue libre : lecture, travail des CV, recherches diverses... Vers 0h30, le téléphone sonne. Anaïs. On discute, on papote et elle nous annonce que demain elle nous invite à l'Impérial, le plus beau ciné de Montréal, voir un film franco-italien sur le génocide arménien : The lark farm (Le mas des alouettes) . Le casting est plutôt prometteur et la nuit porte conseil... Mais comme il fait déjà nuit et que l'offre est alléchante nous réfléchisons un quart de seconde et n'écoutant que notre courage, faisant fit des conseils d'une nuit que nous connaissons à peine, nous acceptons. L'air de rien il est déjà tard, nous allons nous coucher.
à suivre...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire