mardi 30 octobre 2007

Le pull-over rouge


Je ne vais pas faire ici le résumé des diverses conversations et activités que nous avons eu durant ces quelques jours en bonne compagnie. Je ne me souviens pas de tout ce que nous avons dit et nous avons pas mal marché et magasiné, ce qui est plus quelque chose à faire qu'à raconter. Les moments forts de ces quelques jours sont sans nul doute le cours de tricot donné par Stéphanie et le repas chez Schwartz. J'attire votre attention sur le fait que ces deux choses n'ont pas eu lieu simultanément, Stéphanie ne donnant pas de cours de tricot dans les restaurants de la ville, mais seulement en cercle restreint, dans son atelier privé.


Pour ce qui est du cours en question, il a au départ été suivi par Dimitri (ceinture blanche) qui a ensuite passé la main à sa Stéphanie qui possédait déjà certaines notions (ceinture jaune ?). Marion (ceinture marron), déjà bien rompu à l'exercice, est ensuite venue à la rescousse. Elle a d'ailleurs très vite fait une affaire personnelle de ce tricot-test, reprenant consciencieusement son travail à chacune de ses visites. Les quelques photos suivantes vous montreront que tout ceci n'est pas issus de mon imagination fertile. Sur cette première image, on voit d'ailleurs nettement la complexité de la discipline se lire sur le visage de Dimitri.




Bras repliés pour avoir son ouvrage à portée d'yeux, Marion nous montre un style plus personnel, celui de la technique dite de l'écureuil (notez par ailleurs la pose décontractée, témoin d'une maitrise certaine).




Mercredi, dernier soir de nos français en goguette, nous sommes allés souper chez Schwartz. Ce lieu dont la célébrité s'étend paraît il par delà les frontières, jusque dans une ville nommée New York, est le temple de la viande fumée, le fameux smoked meat, LA spécialité montréalaise par excellence (peut-être même avant la poutine ! ). Malheureusement, en pilote automatique entièrement téléguidé par la faim, je n'ai pas emporter le moindre appareil photo. Pas d'image donc de cette gargotte, mais pour les curieux, un petit clic sur le lien suivant et vous y serez en un éclair, vous pourrez peut-être même commander votre smoked meat par internet ! Chez Scwartz (pour approfondir la question un petit saut chez wikipedia peut aussi faire l'affaire : par ici ).


Voilà, en gros, pour ce qui est de la semaine dernière. Le blog ne fige cependant le temps que sur internet. Dans la vie réelle, les minutes s'égrainent comme le maïs à une épluchette de blé d'Indes et les anecdotes fleurissent. Elles ne sont pas encore très nombreuses mais la moisson est pour bientôt et vous en aurez la primeur...



dimanche 28 octobre 2007

Sunshine


Le soleil brille de nouveau à la rédaction du 5454. La direction a été intraitable et peu importe l'objet des négociations, seul le résultat compte : les parutions reprennent pour le plus grand plaisir des lecteurs. Retour sur la semaine écoulée.

Dimanche dernier, nous devions retrouver Dimitri et Stéphanie accompagnés de leur guide Marion. Après les activités matinales classiques nous nous préparons donc à sortir. Surprise, le soleil, de retour depuis quelques jours, est une fois de plus présent avec son cortège de degrés positifs. Une chemisette fait bien l'affaire pas besoin de veste. Quelques dollars dans la poche et c'est parti. Stéphanie, prévoyante, emporte avec elle quelques armes au cas où. Première étape Latina pour un petit sandwich. Je suis en civil et confie donc la préparation de nos casse-dalles à Miguel. « Deux spéciaux du chef s'il te plait ! ».


De bas en haut :
Petit pain, pesto maison, provolone, rosbeef, capicole épicé, huile d'olive, vinaigre balsamique, herbes, poivre, tomate, salade, aubergines marinées... et re-petit pain !


Un chocolat Ritter Sport attrapé à côté de la caisse pour le dessert et nous voilà dehors, sur la terrasse, au coin de Saint Viateur et Esplanade (pour les habitués de Google Earth).



Quelques bouchées plus tard, nous reprenons la route direction le parc Jeanne Mance, au pied du Mont Royal. Un petit arrêt dans une librairie pour voir un peu ce qui se passe dans le monde merveilleux des livres puis nous continuons notre route. Chemin faisant, un petit vent automnale se lève, juste histoire de nous rappeler que ce n'est pas parce que la semaine a tourné autour des vingt degrés qu'il faut oublier qu'on est en octobre. Rien que pour le contrarier, nous poursuivons notre route l'air de rien. De toutes façons nous n'avons pas de petites laines sous la main ; enfin si on en a, mais en pelote, car le sac de Stéphanie renferme des aiguilles et un tricot en cours. Même si elle commence a méchamment maitriser son ouvrage, il lui est difficile d'achever un pull en 5 minutes chrono et nous sommes deux à sentir que l'été s'éloigne dangereusement. Nous nous replions donc stratégiquement chez l'ami Tim Hortons, notre dealer officiel de café (et de donuts à l'occasion). Un café à la main nous repartons au point de rendez-vous. Nous nous installons dans un des derniers rayons de soleil qui filtrent à travers les immeubles au coin des avenues du Parc et Mont Royal.



Assise dans l'herbe, Stéphanie se lance alors, cheveux au vent, dans du tricotage de l'extrême. Les bourasques ne sont pas si fortes que ça, on vivra certainement des conditions plus intenses d'ici quelques jours, mais en chemisette le vent du nord paraît toujours plus, disons revigorant, qu'avec ne serait-ce qu'un sweat-shirt.



Dim arrive ensuite avec sa clique et nous faisons route vers un petit bar pour nous réchauffer. Stéphanie, téméraire, part seule jusqu'à l'appartement chercher nos vestes en prévision du reste de la soirée. Les jours suivants sont, comme il a été mentionné plus avant, une alternance boulot / potos, avec de petits diners et quelques franches rigolades, mais je ne vais pas en dire plus pour aujourd'hui...


vendredi 26 octobre 2007

60 secondes chrono


... ou presque. C'est un peu à cette vitesse que sont passés ces derniers jours où nous avons partagé notre temps entre Latina et nos visiteurs. Par conséquent, comme vous l'aurez constaté, j'ai eu encore moins de temps pour le blog. J'ai toujours mes photos en magasin et quelques petites infos en réserve, mais là, une fois de plus, il est tard. Il est d'ailleurs d'autant plus tard que ce matin j'ai fait l'ouverture, soit un lever à 6h ce qui représente à peu près mon milieu de nuit (même si pour chez vous ça fait midi, ce qui est une bonne heure de lever finalement). Vous vous doutez qu'hier soir, pour la dernière nuit en ville de nos colocataires éphémères, nous sommes allés nous assoir à une bonne table. Nous ne sommes donc pas rentrés à 21h et nous n'avons pas fermés les yeux à 22h30. Demain matin, c'est au tour de Stéphanie de braver les écharpes de brumes pour aller essuyer les plâtres d'un nouveau jour sous le soleil des cuisines. Elle est donc déjà engouffrée sous la couette, à la recherche d'un raccourci pour le sommeil qu'elle a peut-être même déjà trouvé. En ce qui me concerne, mon dernier rencard avec mon dealer de sable commence à se faire sentir et


La direction du 5454 Almost Daily News est au regret de vous informer que, suite à un mouvement de grève inattendu, la publication des nouvelles est momentanément interrompue. Nous faisons actuellement notre possible pour que des négociations aboutissent et que les parutions reprennent au plus vite. Nous vous remercions de votre compréhension et vous souhaitons une agréable journée.



dimanche 21 octobre 2007

Stand by me

Un peu comme moi qui fait toujours des faux départs, revenant sans cesse pour prendre ma casquette, ma carte bleue ou quelques clefs oubliées dans la précipitation, l'été est lui aussi de retour, encore et encore. Nous sommes donc sortis aujourd'hui profiter du soleil et des degrés que nous avons retrouvés.

Tout juste rentré d'une journée bien remplie, je n'ai pas vraiment la force de relater nos aventures dominicales. Je viens simplement, le temps de quelques lignes, vous passer le bonjour et vous dire que je ne suis pas parti me balader les mains vides. J'avais en effet mon appareil photo à la ceinture, tel un magnum prêt à être dégainé. Loin d'être bredouille, j'ai rapporté quelques images dont vous pourrez bientôt profiter...




vendredi 19 octobre 2007

Final Cut

D'abord un message, puis un second et puis plus rien. Silence radio, encore. Nous ne boudons pas et nous ne vous oublions pas non plus, mais nous sommes en semaine et le temps n'est toujours pas élastique, malheureusement. Ces derniers jours nous avons donc travaillé, classique, et pour sortir de la routine, mardi soir, nous étions invités chez Marion, une française en exil qui héberge en ce moment Dimitri et Stéphanie, deux connaissances de longue date actuellement en goguette dans notre cher Montréal. Mercredi soir, c'était le match retour dans notre appartement. Nous avons eu le plaisir de faire découvrir les bagels à nos deux compères.


Une semaine qui commençait avec un peu d'originalité donc, puisque nous recevions nos premiers invités en provenance direct du vieux continent, mais ce n'est pas tout. En effet, mercredi soir, les québécois équipés d'un petit écran pouvaient découvrir quelques plans tournés à Latina. L'émission dont vous avez vécu le tournage dans ces pages était diffusée et, comme nous nous y attendions, le montage a fait pas mal de victimes, à commencer par le Chef. En fait, au final, il ne reste qu'une personne, en arrière plan semblant en pleine action alors qu'en fait il s'agit d'une performance d'actrice digne des Oscars. Vous l'aurez compris, il s'agit bien de Stéphanie. Les gros plan ont dûs être coupés pour ne pas faire trop d'ombre à la présentatrice officielle de l'émission mais bon, personne n'ait dupe.


Nous ne résistons pas à l'idée de vous faire partager ce grand moment de télévision. Voici donc quelques liens pour voir de quoi il retourne (cliquez sur les mots en gras) :


La page de l'émission : L'épicerie


La partie de l'émission dont le lancement est fait depuis le comptoir de la charcuterie : ici


La partie de l'émission où Stéphanie oeuvre en arrière plan :


Pour terminer, je ferais un petit point sur les deux énigmes en cours. D'abord les chaussures. Contrairement à ce qui c'est dit, il n'y a pas de chaussures rouges. En fait elles sont roses, mais là n'est point la question puisque ce n'est pas la bonne quelque soit la couleur perçue. Toujours au sujet des chaussures, j'ajoute que l'énigme n'est plus vraiment d'actualité car le thermomètre vient de faire un magnifique retourné acrobatique en grimpant d'un coup d'un seul jusqu'à 20°... Bien que cela ne durera certainement pas plus de quelques jours.


Pour la seconde, nous tirons notre chapeau à Maman qui nous propose une déduction particulièrement bien construite... mais qui ne s'avère malheureusement pas bonne. Il ne s'agit pas de tisane, ni de thé, bien qu'il y ait bel et bien un rapport avec l'eau.


Les questions restent donc posées...


lundi 15 octobre 2007

Elephant

Dimanche ? Quoi de si spécial ce dimanche ? Pourquoi tant de suspens ? Le suspens, disons que c'est un peu le nerf de la guerre. C'est vrai que j'ai un paquet de concurrents, alors si je ne mets pas un peu de suspens, je risque bel et bien de vous perdre au profit de je ne sais quelle autre source de divertissement... Bien qu'il n'y ait pas beaucoup de feuilletons dont vous connaissez personnellement les personnages principaux. C'est d'ailleurs un petit peu ce qui fait que le 5454 Almost Daily News est à la pointe du progrès. Après le livre dont vous êtes le héros où tout est pré-écrit et où le destin est plutôt maléable, voici le livre dont vous connaissez les héros et à qui il arrive des trucs pour de vrai ! Dingue ! Benjamin Castaldi peut aller se rhabiller. Allons allons, revenons à ce fameux dimanche.


Je me souviens que lors de notre embauche, Josée avait bien précisé : « Vos jours sont décalés, j'ai pas beaucoup de temps pour faire les plannings alors vous n'aurez surement pas de jour de repos ensemble. Je préfère vous prévenir, je préfère être honnête avec vous ». On avait accepté nos postes avec ces conditions. De toutes façons ça aurait été pareil ailleurs puisque c'est moi qui suit de service le week-end, au pire on pouvait se voir au travail c'était toujours ça, pour les escapades du week-end on verra ça plus tard. Et puis dans la semaine, voilà que je m'aperçois que nous sommes tous les deux « off » ce dimanche. Pour la première fois depuis que notre célébrité travaille, nous avons un jour de repos commun. De passage devant mon comptoir vendredi, Josée nous a avoué qu'elle n'avait pas pu résister, qu'elle avait arrangé ça et qu'elle allait même essayé de me libérer le lundi de temps en temps pour qu'on ait deux jours d'affilés !


Pour commencer cette journée en beauté, après une légère grâce mat' (le rythme hebdomadaire aidant à ne pas trop perdre sa matinée en dormage excessif), j'ai enfilé un pull, une veste et un coupe vent. Par sécurité, j'ai aussi sorti mes gants et une tuque (mot local pour le bon vieux bonnet). Bien harnaché, je suis sorti affronter le froid sur mon vélo. Ce n'est pas tant qu'il faisait vraiment si froid que ça, car je crois qu'on affichait 6 ou 8°, mais c'est surtout qu'à peine extirpé de sous la couette, j'ai tendance à difficilement supporter les températures extra-litaires, alors tenter une sortie dehors, là c'était carrément Antartica. Pourquoi partais-je de bon matin, en m'en allant sur les chemins, à bicyclette ? En bon américain je me rendais à l'épicerie du coin chercher mon bacon ! Et oui, car si du bacon j'en ai coupé plusieurs kilos depuis notre arrivée, nous n'en avions pourtant pas encore mangé, hors ici le bacon au petit dej' c'est sacré, surtout le dimanche matin. Me voici donc à Latina, demandant à mon collègue Miguel de bien vouloir me couper quelques tranchettes de bacon fumé. Sur le chemin du retour, un petit arrêt chez St Viateur Bagel pour prendre des munitions et j'étais de nouveau en sécurité, dans la chaleur de notre foyer, lunettes embuées par la différence de températures intérieur/extérieur. Stéphanie nous fait des oeufs aussi sec, et le bacon prend un coup de chaud. On jete un sort au breakfast et, les batteries rechargées à bloc, nous sortons à la conquête de Montréal avec au programme : balade et lèche-vitrine. Deux ou trois courses sur le retour pour revigorer notre frigo et nous étions de retour a casa. Une journée tranquile, bien sympathique, exactement ce qu'il nous fallait.


En parlant de courses, ce soir Stéphanie m'a annoncé qu'elle avait été acheter quelques vivres. Histoire de rester dans l'ambiance folle et ludique du billet précédent, saurez-vous me dire ce que peut bien renfermer ce petit sac tout droit échappé de son panier ? La fourchette n'est pas un indice, elle n'est là que comme repère dimensionnel. Amis québécois, ne donnez pas la réponse, laissez les européens se décarcasser un peu...




dimanche 14 octobre 2007

Celebrity


Vendredi dernier n'était pas un jour comme les autres, mais ce n'était une surprise pour personne puisqu'à Latina nous savions tous ce qui allait arriver. Pendant la semaine, Josée avait en effet passé l'info, officiellement, et ça avait vite fait le tour des départements : Vendredi, la télé vient pour un tournage dans le cadre d'une émission sur les plats préparés. Et oui, vous avez bien lu : la télé ! La charcuterie ne faisant qu'héberger et servir les-dits plats, nous n'étions que partiellement concernés. Disons simplement que nous, à la charcute, en fidèles hommes de l'ombre oeuvrant pour la reconnaissance de l'art de Chef Yvon et de son escouade, prêtions généreusement notre comptoir pour les besoins de la cuisine. Du coup, en humble charcutier que je suis, je n'étais inquiété ni par la vive lumière des projecteurs, ni par l'indiscrète curiosité des caméras... Ce qui n'était pas le cas de Stéphanie ! On n'assiste pas le Chef impunément et quand vient la rançon de la gloire, on est bien obligé d'assumer.


10h, j'arrive donc à mon poste. La cuisine avait mis les bouchées double dès 7h pour que tout soit prêt pour l'arrivée de la presse à 9h. L'escouade a mis l'accent sur la présentation en rivalisant de créativité. Une citrouille arbore un sourire radieux et des yeux malicieux (j'apprendrais plus tard que Stéphanie est l'auteur de ce petit lifting), le saumon est paré d'exotiques palmiers d'oignons verts, des bouteilles de vinaigres balsamiques et de vins ont fait leur apparition sur les étagères d'habitudes recouvertes de contenant et autres couvercles et j'en passe. Exceptionnellement les plats sont sur le comptoir, expropriant notre caisse enregistreuse à l'autre bout du plan de travail, aux côtés de la trancheuse et du stand à sandwiches, eux aussi momentanément expatriés. Je croise le Chef qui, du jamais vu, porte sa toque officielle ! Tout le monde s'affaire, enfin presque. C'est surtout l'équipe de télé qui se remue le plus pour installer tout son petit fatras de supports, micros, projecteurs et autres équipements à haute teneur en câbles et fils en tous genres. Les cuisiniers, sur le qui-vive, ne pouvant pas trop se lancer dans des préparations complexes se voient obligés de s'occuper en coupant des poivrons et des échalotes à n'en plus finir, histoire de ne pas rester sans rien faire. Josée, toujours entre deux feux, jongle entre l'équipe TV et la gestion de la boutique pendant que les bouchers bouchent et que les charcutiers attendent. Ben oui, notre espace kidnappé, nos outils partiellement disponibles et nos viandes difficilement accessibles, nous sommes bien obligés d'attendre qu'on nous laisse à nouveau exercer notre art à nous : le service !


Bref, les intermittents du spectacle télédiffusé en finissent avec leur préparatifs et commencent à trimballer leur oeil électronique dans la cuisine, en commençant bien sûr par la jolie cuistot récemment parachutée de France. C'est dans la boite ! La suite du reportage n'a pas vraiment d'importance, le plus beau plan est déjà filmé. À peine deux mois après sont arrivée, Stéphanie passe déjà à la télé, si c'est pas de l'intégration ça !


Le reste de la journée se passe on ne peut plus normalement, le samedi aussi. Dimanche ? Là c'est une autre paire de manches... et j'ai bien peur qu'il ne vous faille attendre le prochain bulletin pour en savoir plus. En attendant, je vous propose un petit jeu. Une paire de chaussures bien spécifique vient de sortir du placard pour rejoindre notre cheptel. Elle vous donne un indice sur l'évolution de la température. Saurez-vous retrouver la retrouver ?






jeudi 11 octobre 2007

Frantic

A lalalaaa ! Déjà une semaine et pas un mot de publié ! Une fois de plus milles excuses amis lecteurs mais décidément, je ne trouve pas le temps en ce moment. Je termine tard donc je rentre tard et, quand je suis de repos, je profite des derniers jours de soleil au guidon de mon bicycle. Du coup, tout ça empiète sur mon temps d'écriture, vous laissant seuls, livrés à vous-mêmes dans le silence internetal. Rassurez-vous, ou pas, le temps change et la température commence à dégringoler. C'est vraiment étrange car jeudi dernier je me disais justement qu'avec plus de vingt degrés en octobre, il était difficile de croire en cette fameuse légende selon laquelle les premiers flocons arriveraient en novembre et puis finalement... Alors que la semaine passée nous surfions encore aux alentours des vingt degrés, nous avons maintenant plongé sous la barre des quinze. Le soleil se montre plus radin et la pluie s'est invitée, discrètement. L'appel du vélo se fait moins irrésistible et la chaleur du foyer plus douce et confortable.


Cet hiver que tout le monde nous a présenté comme LA vraie épreuve d'intégration, commence à devenir une chose un peu plus concrète (bien qu'encore assez éloignée). Certes. Nous n'avons cependant pas peur, nous sommes même plutôt impatient. Ces quelques signes avant-coureurs, loin de nous inquiéter, excitent en effet notre curiosité. Si l'on en croit les québécois avec qui nous en avons parlé, la partie la plus dure à vivre n'est ni le froid ni la neige, mais la longueur. L'hiver serait donc plus une épreuve d'endurance qu'une épreuve de résistance, ou alors psychologique. Intéressant.


Bien. Pour ce qui est du tout venant, disons que tout fonctionne bien. Le travail est toujours aussi agréable et la vie montréalaise aussi. Le temps passe et on commence vraiment à se sentir chez nous de ce côté de l'atlantique. On a nos habitudes, nos petites adresses, bref on ne regrette pas le déplacement. La vie nous paraît si simple ici qu'on se demande vraiment pourquoi nous n'avons pas traversé plus tôt.


Pour ceux qui se posent la question, nous n'avons pas encore pris l'accent mais, petit à petit, nous québéquisons notre langue. Nous apprenons puis employons des nouveaux mots, intégrons des expressions locales et utilisons des tournures spécifiques... non sans mal. En effet, la langue québécoise ne se limite pas à quelques jurons à dominante ecclésiastique et à un accent disons, personnalisé. Il s'agit d'un univers particulier, à la fois mélodieux et imagé mais aussi pratique et parfois... incongru. Je ne vais pas vous faire une liste de mots même si ce serait drôle, mais je vais simplement vous parler de ce que Stéphanie et moi appelons la fameuse tournure du TVT : Tu Veux Tu. Ici, le vouvoiement est plutôt rare et participe à l'atmosphère amicale du pays, mais le TVT demeure quelque chose que nous peinons à maitriser complètement. Précisons.


Lorsque quelqu'un vous demande quelque chose il emploie le plus souvent une expression comme celle ci : Est ce que tu veux tu un verre ? Est ce que je peux tu vous aider ? C'est étrange mais on peux encore comprendre à peu près comment ça marche, bien qu'il soit quasi impossible de déterminer d'où ça vient. Si le québécois utilise pas mal d'expressions directement traduites de l'anglais vers le français, le TVT n'en fait pas partie. Là où cela se complique c'est quand on entend des expressions comme celle utilisée par un collègue me demandant, à propos de Stéphanie : Est ce qu'elle a tu une bicyclette ? On a d'abord pensé que le tu se retrouvait là pour marquer une forme interrogative, mais apparemment ce n'est pas la cas puisqu'il nous semble qu'il est aussi utiliser dans des phrases plus classiques. Non vraiment, c'est une énigme sur laquelle on planche et qui nous paraît nettement plus difficile à percer que l'origine mystérieuse de certains plats locaux comme la célèbre Poutine !


J'en profite pour vous offrir cette photo de poutine. Je l'ai trouvée sur internet, elle représente bien la forme la plus courante de cette spécialité.


jeudi 4 octobre 2007

Rush Hour


Mardi, tout semblait pourtant parti comme prévu. Dès les premières notes de l'orchestre, juste avant l'arrivée de Sinatra, Stéphanie m'avait abandonné pour aller se préparer. Elle était ensuite revenue quelques mesures plus tard m'avertir de son départ et moi j'avais replongé au fin fond de mon oreiller, laissant ce bon vieux Frank chanter à mon chevet. Sur le coup de 9h, j'émerge lentement mais surement de ma léthargie matinale car une douce journée de repos se profile. Quelques petites opérations à effectuer ce matin et l'après-midi sera mien. Breakfast devant un épisode de South Park, toujours aussi lentement et surement, puis départ vers 10h30 / 11h pour Latina, histoire de faire un petit signe à la cuisine avant de passer à la banque déposer quelques billets verts (mais aussi dans l'espoir de croiser ce chic Brad, rien que pour avoir le plaisir de l'intégrer dans un de mes prochains récits).


Je passe donc voir les cuisiniers en plein travail et me renseigne sur l'heure à laquelle la pause lunch de Stéphanie est programmée. Apparemment j'ai une bonne heure devant moi. Un rapide crochet à la banque, je dépose ma fraîche et scrute l'horizon en quête de l'éclat argenté des boutons de manchettes de notre Remington Steel de la finance, mais il n'est pas là. Un petit tour chez Winners pour m'acheter quelques fringues et je retourne chez Latina. J'y vais lentement car j'ai le temps... et parce que le chemin de retour est un tantinet en montée et avec le vent, ce n'est pas une partie de plaisir. Le Mont Royal porte bien son surnom : La Montagne. Je fais un bout de route à pied. Des écureuils observent et semblent commenter mon passage : Lui, c'est le charcutier, il revient de sa banque, il se dit qu'il fait beau et qu'il a bien fait de passer par le parc... Une fois sur le plateau, je remonte sur mon fier destrier.


C'est donc vers 12h20 que je pointe le bout de mon guidon sous les fenêtres de la cuisine. Au lieu d'un gentil sourire illuminant le visage de ma blonde, c'est un regard fou d'inquiétude qui m'accueille : « T'étais où, tout le monde te cherche, tu travailles aujourd'hui, on est en plein rush, dépêche toi ! ». Tel Zorro version Justin Bridou, j'attache ma monture en quatrième vitesse et file dans les loges passer mon costume de scène. Quelques secondes plus tard je suis derrière mon comptoir, tout de blanc vêtu, mon légendaire couteau à la main, fendant les petits pains, tartinant moutardes et mayo, découpant jambons et salamis pour avec efficacité nourrir les affamés.


Mon jour de repos n'aura finalement duré que 260 minutes, celles qui ce sont écoulées entre mon réveil et mon retour sur le pont. Cela dit, la journée est passé assez vite et, comme je m'étais programmé pour un day-off, je n'ai pas vraiment eu l'impression de travailler. Cerise sur le gâteau, en sortant à 20h30, je savais qu'il ne me restait pas 1 jour de repos mais 2 !


Le premier vient de s'écouler, tranquillement. J'ai alterné balades à vélo et repos à la maison en passant de temps à autre à Latina en attendant la pause de Stéphanie. À l'appartement, je retrouvais systématiquement notre amie Gnocchi installée sur le perron. Le chat attendait patiemment qu'on lui ouvre la porte pour entrer casser la graine ou piquer un petit roupillon sur la table, pendant que je roulais à fond les ballons sur l'autoroute de l'information. La preuve en images...





lundi 1 octobre 2007

On achève bien les chevaux

Le hasard du planning m'a offert une suite de 7 jours de travail consécutifs avant d'arriver à mon « week-end » bien mérité, jeudi et vendredi dernier. Après une semaine aussi longue, le temps de vider un peu ma tête, me reposer, faire deux ou trois bricoles et c'était déjà fini, sans que j'ai pu reprendre ma rédaction. De son côté, Stéphanie a aussi pas mal enchaîné les heures, notamment vendredi avec une journée marathon de 11h ! Lever à 5h30 pour être sur place à 7h, la cuisinière n'a en effet pas regagné ses fourneaux personnels avant 19h30. Heureusement que nous nous sommes entrevus pour une petite pause lunch vers 13h, car après une telle journée, la fatigue a eu rapidement raison de la découpeuse de légumes.


Depuis samedi je suis donc de retour auprès de mes sympathiques collègues de la charcuterie, tandis que Stéphanie est de retour au 5454 pour trois jours de repos gagnés à la sueur de son front. Avec tout ce temps passé dans notre « nouvelle famille », c'est sûr que nous ne vivons pas autant d'aventures que lorsque nous étions de simples touristes, mais la vie à Latina est loin d'être triste et nous réserve chaque jour surprises et enseignements sur la vie québécoise. Nous sommes on ne peut plus immergés et ce sont certainement les meilleures conditions possibles pour apprécier si l'herbe est effectivement plus verte ici que dans la champagne berrichonne.


Si j'ai employé le terme « nouvelle famille », ce n'est pas que nous ayons renié nos proches restés au pays, loin de là. Nous pensons bien sûr à tout le monde, et ça nous fait toujours plaisir de vous voir, entendre ou lire régulièrement. Non si j'ai utilisé ce terme c'est simplement que nous avons été littéralement adoptés par toute l'équipe et, loin des nôtres, cette famille d'accueil est un gilet de sauvetage particulièrement salutaire dans cette mer d'inconnus où nous avons plongé... Enfin moi j'ai fait une bombe histoire d'éclabousser tout le monde, mais là n'est pas le propos. Du coup, étant donné l'importance que prend Latina dans notre vie américaine, je pense qu'il devient essentiel que je vous présente toute la petite communauté qui fait tourner la boutique. Je ne vais pas me lancer ce soir car il est déjà tard, mais ce sera le fil rouge des prochains bulletins, à moins bien sûr que des événements indépendants de notre volonté ne viennent bouleverser notre actualité.


Vous remarquerez que je n'ai pas parlé de nourriture durant l'ensemble de cet article. Je ne voudrais cependant pas faillir à ma réputation, alors me voici en pleine action, un yaourt à la main, sur le trône de la reine des tricoteuses...


(Notez l'étiquette !!!)