J'avais fait une super intro, grandiose, sur laquelle John Williams aurait pu me coller dix stères de violons. Un genre de plan séquence suffisamment alarmiste pour faire un prime sur TF1, mais sensé se finir avec une super chute, cynique et décalée à souhait. Un truc magnifique quoi, digne de Dumb & Dumber, la grande classe. Le problème c'est que la chute je ne l'ai pas. Rien à faire. Du coup, il faudra vous en passer. Désolé. Bon, il faut dire que j'ai des circonstances atténuantes. Oui, aujourd'hui n'a pas été une journée des plus funky. Tout avait pourtant bien commencé. Pas de panzer devant la fenêtre, Thom Yorke qui nous réveille comme prévu... On aurait dû sentir que ça allait mal tourner.
Céréales, lait, café, douche, habits et départ pour le centre ville. Nous avons rendez-vous à 10h dans un organisme pour avoir des infos sur la recherche d'emploi, l'optimisation du CV et tutti quanti. Métro, un peu de marche et nous y sommes. Les rendez-vous sont expédiés en une heure. On nous a donné un tas de conseils, des adresses, des contacts. Parfait. Ils ne nous ont pas retenus trop longtemps, il est 11h, la journée est à peine commencée, il nous reste donc beaucoup de temps devant nous.
Motivés, nous filons au Consulat de France qui est à deux pas. Ce n'est pas la première fois qu'on y fait une descente. La semaine dernière nous avons été accueilli par un sympathique « 8h30 – 12H ! » fermement jappé par le portier. Ha l'agréable ton aigri du fonctionnaire français, tout un symbole. Un peu plus et on faisait une crise de nostalgie, c'est fou ce que la mémoire peut être rapide quand on utilise les bonnes ficelles ! Aujourd'hui le ton est plus jovial, il faut dire que nous sommes presque en avance, il n'est que 11h 20. Nous ne venons pas pour les cartes consulaires, mais simplement pour voir si les actes de naissances que Stéphanie a demandés à sa mairie sont arrivés. Sur le site de la municipalité, il était précisé un délai d'une dizaine de jours pour la réception des documents en France. Pas de délai pour l'étranger, il était juste mentionné que les pièces seraient envoyées au consulat par valise diplomatique . Nous sommes le 29 et la demande date du 1. Notre seule crainte est que les papiers ne soient repartis en France. Nous prenons un ticket et nous asseyons dans la salle d'attente. Je vous passe le détails de ce qui c'est passé, ou plutôt sur ce qui ne c'est pas passé. En gros, nous avons poireauté 2h30, voir plus, pour apprendre qu'ils n'avaient rien reçu. Il semble que la France ait décidé de faire tout son possible pour interférer dans le bon déroulement de ce blog. En effet, en nous retenant ainsi, le gouvernement a cassé notre motivation et considérablement atteint notre moral. Anéantis par ce temps perdu en territoire français, nous regagnons le Canada vite fait bien fait.
Au milieu des buildings, cernés par les boutiques, nous entendons clairement les sirènes du capitalisme qui nous appellent. Fermement décidés à ne pas flancher, nous nous agrippons à nos Cartes Bleues. La main sur mon portefeuille, je me souviens que j'ai quelques euros en poches. Ils ne me serviront à rien, autant les mettre en sécurité. Nous profitons donc du fait que nous sommes dans le coin, pour faire un tour chez HSBC. En stabulation semi-automatique dans la file d'attente pour le guichet, nous apercevons Bradford accueillant de nouveaux clients. Ça nous fait quelque chose de devoir partager Brad avec d'autres, mais bon. Nous ne sommes pas surpris car entre nous ça a été clair dès le début. Nous savions qu'il voyait d'autres clients, c'est juste que le voir, comme ça, en vrai, ça nous fait quelque chose. Heureusement, on ne perd pas de temps. En un quart d'heure on est sorti, tant mieux, nous fuyons l'agence.
Le reste de la journée est plutôt calme. Stéphanie trouve du tissus, j'achète un vélo dans la rue à un papy un peu chelou, et Bradford continue à ouvrir des comptes bancaires. Nous rentrons à pied (sans Brad) et arrivons complètement lessivés chez nous. A quelques minutes près le mot « lessivés » prenait d'ailleurs tout son sens, car un bon gros orage d'été a éclaté, quelques minutes après que nous ayons fermé la porte.
Affaibli par le Consulat, traumatisé notre passage à HSBC, éreinté par le retour, pas étonnant que je n'ai pas trouvé la chute de cette fameuse intro. Si seulement j'avais eu mon camescope Natachi, vous auriez au moins pu voir à quoi ressemble notre banquier plus trendy que trader. Dommage. Nous n'avons pas grand chose sous la main pour finir en image, alors voici mon vélo à 50$ (35€), c'est tout ce qu'on a à vous proposer mais promis demain on essaiera de faire mieux.
