dimanche 23 septembre 2007

Twist again à Moscou


C'est pas la première fois que je me fais la remarque : je ne devrais pas m'engager sur des sujets pour des articles à venir. Mais voilà, ça part toujours d'une bonne intention, d'une idée qui me vient comme ça et que je pense pouvoir développer dans le temps qui me sépare de l'heure fatidique où je dois rafraîchir le blog. Rassurez-vous je vais tenir ma promesse, on va parler gastronomie québécoise, juste je n'ai pas eu le temps de réunir beaucoup d'image, mais je me rattraperai plus tard.


Les français, dans leur infinie chauvinitude, toisent le monde du haut de leur gastronomie. C'est vrai qu'avec l'escadron de chefs issus de la tradition tricolore, avec Robuchon en tête et ses jeux de mots comme autant de cerises sur le gâteaux, c'est facile de rouler des mécaniques. On en oublie trop souvent que le reste du monde n'a pas attendu l'arrivée des mousquetaires pour développer sa propre cuisine.


Bon, c'est sûr que le Québec, point de vue gastronomie, ce n'est pas l'Italie, mais il y a quand même quelques petites spécialités bien sympathiques. Comme on ne parle que de ce que l'on connait, je vais donc m'en tenir, pour le moment, à ce que nous avons testé.


Dans les épisodes précédents, en dehors de l'épluchette de blé d'inde et des tartes au bleuets, vous avez entendu parler de la poutine. Je ne pense pas que cette première spécialité puisse vraiment être rangée dans la catégorie gastronomie, mais c'est une véritable institution alors parlons-en. La poutine est en quelque sorte le résultat d'un dazibao alimentaire qui connait un nombre de déclinaisons presque infini. Au départ, la combinaison classique est la suivante : une portion de frites plutôt molles recouverte d'une sauce improbable (sorte de sauce de ragoût à base de fond de veau) et parsemée de petit morceaux de fromage caoutchouteux sans goût (un genre de mozzarella en plastique). Là dessus, certains snacks ou restos ce sont spécialisés et ont customisé tout ça. La sauce est parfois remplacée par de vraies sauces (poivres, fromages, italienne) et on trouve même parfois d'autres ingrédients pour rendre la poutine plus funky (poivrons, champignons, saucisses, mozzarella, cheddar...). Cela dit, une poutine reste une poutine. La base étant hyper simple, on peut effectivement faire n'importe quoi, parfois c'est bon, parfois c'est infecte, tout dépend d'où on la mange.


Le vendredi c'est le jour du poisson, mais Chez Latina c'est aussi celui de la tourtière !


En pays hivernal qui se respecte, le Québec possède des mets bien revigorants comme les soupes ou les plats de haricots, mais il y a aussi pas mal de tartes et de tourtes. Deux tourtières se font la guerre depuis des lustres : La Saint Jean et la Saguenay. La seule différence entre ses deux là étant la région d'origine. Nous avons goûté la première l'an dernier, mais nos papilles ne s'en souviennent que trop peu (et il va falloir qu'on approfondisse notre investigation de ce côté). Parlons plutôt de la seconde. La tourtière de Saguenay ou Saguenéenne, est une tourte à base de pomme de terre, d'oignons mais aussi de boeuf, de veau et de porc, le tout cuisiné avec des fonds de volaille, gibier, et veau et quelques épices. Enfin c'est ce qu'avoue Yvon, le chef des cuisines de Chez Latina, sur l'étiquette de la tourtière que j'ai rapporté.


Je pense que la photo parlera plus que moi. Je ne vais donc pas en faire tout un fromage, ce qui m'évitera d'être une fois de plus taxé de sadique. Cela dit, j'ai bien peur que les incartades culinaires ne reviennent hanter ces colonnes. Espérons juste que ce ne sera pas trop souvent, pour éviter que 5454 Almost Daily News ne devienne le supplice de Tantale pour les agités de la fourchette qui se cachent parmis vous.



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